samedi 15 septembre 2007

Un nouveau pas vers la soviétisation de la Belgique francophone


Bien sûr, cela fait un petit temps que la mesure est annoncée, mais la décision de la ministre Arena de cadenasser les inscriptions dans l'enseignement secondaire fait froid dans le dos.


Très concrètement, les écoles ne pourront inscrire les nouveaux élèves qu'à partir du 30 novembre, exception faite pour les frères et sœurs d'élèves déjà inscrits dans le secondaire qui bénéficient d'une priorité de dix jours. Lors de l'inscription, l'école délivrera aux parents un numéro d'ordre. Le premier arrivé sera donc le premier servi. Une fois les capacités de l'établissement remplies, les demandes seront placées sur une liste d'attente. Les places libérées ensuite seront pourvues dans l'ordre de la liste d'attente.


Une manière très élégante d'introduire l'équivalent belge des célèbres "files devant la boulangerie d'Etat" qu'ont bien connues les pauvres types qui ont vécu sous le joug communiste quelques centaines de kilomètres à l'Est de Malmédy. Je ne vous raconte pas le cauchemar pour les employeurs, qui verront leurs entreprises désertées la veille du 30 novembre par des parents inquiets désireux de figurer à une place de choix dans les "queues" organisées par notre bonne ministre, et qui iront planter leur tente (pour les plus riches) ou leur boîte en carton (pour les plus pauvres) devant les écoles de leur choix. Et au fait, qui va payer les jours d'arrêt-maladie de tous les pauvres types qui auront attrapé la grippe à force de faire le pied de grue dans la froideur des nuits d'automne ?

Le passage suivant a failli me faire tomber de ma chaise :


« Chaque parent pourra consulter le registre des inscriptions et la liste d'attente. Et en cas de doute pourra s'adresser à l'administration pour se plaindre », poursuit Arena.


"Pour se plaindre", précise avec cynisme mademoiselle "Pomme-yaourt maigre". Pas "pour obtenir réparation" ou "pour se faire attribuer la place qui leur revient". Non non, juste pour se plaindre. Quand on connaît l'oreille compatissante des cerbères que madame Arena a placés dans l'administration (demandez aux enseignants en attente de désignation), on ne peut s'empêcher de plaindre les pauvres hères. Et de s'étouffer devant le cynisme de la ministre.


Rappelons que seul le Certificat d'études de base (CEB) peut-être demandé lors de l'inscription d'un jeune. Aucune exigence complémentaire (taux de réussite, aptitude dans telle ou telle branche ) ne pourra être opposée aux parents.


Nous y voilà ! Face au problème de la dualisation de l'enseignement en communauté française de Belgique, pas question de tenter d'apporter des solutions pédagogiques ! Madame Arena, qui n'a pas dû souvent être première de classe, a trouvé une bonne solution bien communiste : si il y a des écoles "élitistes" pleines de "têtes" et des écoles de cancres, il suffit d'empêcher les écoles élitistes d'inscrire les "têtes en priorité". Le résultat ? La "mixité sociale", se gargarisent certains abrutis cabinettards que j'ai pu rencontrer lors de soirées mondaines mal fréquentées. "Le nivèlement par le bas", rétorqueront les réalistes avec un brin de désespoir. Forcément, la manière la moins fatigante pour une ministre socialiste de réduire l'écart entre les "têtes" et les "cancres", c'est d'empêcher les "têtes" de rester entre elles et d'acquérir plus de savoir que les "cancres".

A ce stade-ci, je ne crois plus à la "bêtise" de madame Arena. Il s'agit bien de la stalinisation organisée de l'enseignement subventionné. Gageons que le taux de francophones dans l'enseignement flamand va encore augmenter un bon coup à la prochaine rentrée.





2 commentaires:

Echocynique a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Echocynique a dit…

J'avais laissé passer
http://www.levif.be/actualite/belgique/72-56-7624/marie-arena-detaille-sa-rentree--.html
où l'on peut lire
""Nous travaillons dans la concertation. Cela fait trois ans que nous n'avons pas eu de manifestations! Même si nous pouvons toujours faire mieux, j'ai l'impression que l'école est redevenue un lieu de confiance et de stabilité", a-t-elle souligné dans La Libre."

Il faut oser.
Pauvre Wallonie
Pauvres élèves